Play Dead – Andres & Diego Meza-Valdes

C'est difficile de trouver un bon court-métrage, qui en moins de 3 min, accroche le spectateur au point qu'il veuille en connaître la fin. Mais Andres et Diego n'ont même pas eu à se casser la tête pour attirer mon regard. Tout le marketing s'est joué sur le titre, inévitablement fun. (Fais le mort : Chiens contre Zombies, pour les ringards). Ce qui n'empêche que les 17 min qui suivent sont un petit bijou de déconnade animalière, talent gore, et réalisation chiadée. 

Les frérots sont amateurs du genre, découvrez leurs autres films d'horreur ici :

http://vimeo.com/themezabrothers

Difficile de dire si c’est le fait d’être deux frères fans de films d’horreur au nom hispanisant, ou seulement parce qu’avec trois clébards et du maquillage ils s’éclatent complètement, mais tout cela rend ces jeunes gars de Miami complètement sympathiques.

- Les Questions de Picturalis -

Picturalis - Salut Diego, à quoi ressemble Miami à cette période de l'année ? Des trucs sympas à faire ?

Diego Meza-Valdes - Miami est un endroit ensoleillé toute l'année. En été, ça peut devenir carrément chaud et humide. En tant que réalisateur, la meilleure solution est toujours de tourner des films en hiver. C'est plus froid, donc beaucoup plus facile pour l'équipe et les acteurs si on filme dehors. L'un des meilleurs trucs à faire à Miami reste de visiter les plages, profiter de la vie nocturne de South Beach, et évidemment apprécier l'incroyable mélange des cultures qu'on a ici. Ne loupe pas la bouffe Cubaine !

P.- Avec ton frère Andres, vous avez fait du film d'horreur votre spécialité. Donc c'est un vrai plaisir partagé ?

D.M-V.- Andres et moi on réalise des films d'horreur ensemble depuis qu'on a 11 ans. Nos parents nous soutenaient vachement, nous et nos rêves. Les films d'horreur, c'est un truc qui nous fascinait. On voyait ça comme une manière sécurisée d’expérimenter l'insécurité. Le danger des thrillers nous intriguait quand on était gamins. Les gens effrayants nous rendaient heureux. Et puis c'est un genre qui en regroupe plein d'autres. L'histoire peut être assaisonnée d'un peu de comédie, romance, drame... tout, quoi ! Les films portent aussi une attention particulière au visuel et aux sons qui nous passionnent.  Quand tu réalises un film d'horreur, tous tes muscles de réalisateur sont tendus !

The Room - Meza-ValdesThe Room, leur premier court-métrage récompensé (2007)

P.- Play Dead...Comment est née l'idée de départ ?

D.M-V.-  En grandissant, on regardait beaucoup plus de films de Disney que d'horreur. En fait, il y a beaucoup d'éléments horrifiques dans les films Disney. Blanche Neige, La Belle aux Bois Dormants, par exemple, font de très bons films d'horreur si t'y penses. Sorcières, Dragons, la Mort. Tout est là. L'idée originale de Play Dead est venue d'une volonté de raconter une histoire qui serait centrée sur des petits personnages Disney innocents (nos chiens) dans un environnement d'horreur extrême (Apocalypse de zombie). La contradiction des deux était une chose sur laquelle on voulait se pencher. Il y a des gens qui meurent tout autour de ces chiens, et tout ce qui les intéressent c'est de sauter dans la piscine et chercher leur prochain repas. On voulait aussi explorer l'idée que les gens n'aiment généralement pas voir les chiens être blessés ou même mourir dans les films. Notre but était d'interroger le public : pourquoi sont-ils si inquiets pour les chiens, alors que voir des humains mourir dans les pires conditions leur est facilement acceptable, voire souhaité.

P.- Je comprends mieux maintenant. Il faut dire que le projet est aussi fun que dingue. C'était pas trop dur de trouver un producteur ?

D.M-V.- On a travaillé avec un jeune groupe très sympa de réalisateurs qui s'appelle Borscht Corp. Ils placent des films en festival tous les ans à Miami, en révélant des histoires inconnues sur la ville. Ils recherchaient une histoire à l'opposé du luxe et du glamour de South Beach et du côté touristique du truc. Notre film les a intrigués parce c'était complètement en dehors de tout ça ! On a eu de la chance de travailler avec des gens réfléchis qui nous ont supporté pendant toute la réalisation, et ont cru au film.

Halfway - Meza ValdesHalfway, un portail sur une autre dimension. (2009)

P.- J'me suis toujours demandé : pourquoi les animaux ne sont jamais contaminés ou mangés dans les films de Zombie ? (si on exclut quelques Black Sheep, ou Brain Dead)

D.M-V.- Il n'y a pas de réponse juste ou fausse dans un film de zombie. Tout est dans l'interprétation. Certains zombies marchent, d'autre courent. Certains sont infectés, d'autres sont mordus. Il n'y a pas de règles pré-établies du genre puisqu'il y déjà a eu tellement de versions différentes. Il y a plein de films, comme Resident Evil qui montrent des chiens zombies. Dans le remake de l'Armée des Morts, les chiens sont intouchables. En général, on aime bien penser que les chiens et les animaux ne sont juste pas au menu des zombies. Ils recherchent de la chair humaine, c'est ce genre de bouffe qui les nourrit !

P.- Vous avez sûrement dû pas mal vous marrer pendant le tournage. Mais j'imagine que diriger des chiens, c'est pas facile, non ? C'est quoi ton pire souvenir ?

D.M-V.- Pour être complètement honnête, travailler avec des chiens a été beaucoup plus simple que ce à quoi nous nous attendions. Nous avions planifié notre tournage, vu et revu le timing pour être sûrs d'avoir le plus de temps pour travailler avec les chiens, et avoir une marge si jamais les choses ne se passaient pas comme prévu avec eux. On n'avait jamais travaillé avec des animaux avant et on s'imaginait que ça allait être une vraie épreuve de patience ! Mais ce qui est arrivé était en fait loin d'en être une. Les chiens étaient tous entraînés professionnellement et très doués. Ils répétaient leur scène exactement de la même manière à chaque fois. Ils étaient tellement parfaits que l'on a dû réajuster notre emploi du temps, puisqu'il nous restait plein de temps pour faire d'autres choses. Je n'ai vraiment aucun mauvais souvenir. Réaliser le film, c'était beaucoup de boulot, mais on en a tiré que du plaisir tout le long. J'ai envie de dire que les plus gros challenges étaient de travailler avec les acteurs humains, plutôt qu'avec les chiens !

P.- Easy. Est-ce qu'on doit s'attendre à une suite ?

D.M-V.- En ce moment on travaille pour transformer Play Dead en une version longue grand format. Peut être que t'auras la chance de le voir dans un cinéma à côté de chez toi !

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