Samuel’s End – Stuart Langfield

A première vue, Stuart Langfield peut passer pour un mec un peu trop déprimé, ses oeuvres étant plutôt sombres avec une utilisation presque abusive de la plage d'hiver abandonnée. Il nous a prouvé le contraire,  nous a parlé du petit monde artistique de Vancouver, et de ses projets mêlant photos et vidéos. Entretien avec le jeune artiste écossais.

Vous pouvez retrouver tous ses travaux ici : http://www.stuartlangfield.com/

Le réalisateur-photographe plonge quelque part entre la culpabilité et les remords d’un jeune homme. Intrusion intrigante au sein de la conscience humaine.

Vous êtes nul en anglais ? Voila la traduction : @Marielle Porcheret

" Regarde. Tu peux le voir. C’est tout autour de moi, comme mon ombre. Ma vie se répète. Comme les aiguilles d’une horloge qui tournent encore et encore . Si tu t’approches assez près, tu te rends compte à quel point c’est vieux. Dans ma tête, les engrenages se mettent en marche. Je ne pense à personne. Je ne pense à rien. La plupart des gens ne peuvent voir correctement, noyés par leur propre image. Lorsque tu lâches prise, tu ne vois plus que ce qui compte vraiment. Tu entends ta respiration, ton coeur qui bat. Mais il ne bat pas de manière ordinaire. Cela ressemble à un millier de tambours tapant de plus en plus fort. Puis cela cesse ! et tu n’entends plus rien du tout.

J’ai fui quelque chose dont il est impossible de s’échapper. Il est temps de se réveiller."

- Les Questions d'Alice -

Picturalis - Réalisateur, photographe, designer. Impressionnant. Tu as donc droit à trois mots pour te décrire.

Stuart Langfield - Grand, sombre, beau.

P. - Y'a un truc un peu triste dans tes travaux. La plage grise et abandonnée est toujours présente, sans compter la neige. Et tes personnages ont souvent l'air pommés. Es-tu un mec déprimé ?

S.L. - Haha, en fait je suis plutôt quelqu'un d'heureux, mais les gens heureux ne font pas d'histoires intéressantes.

P.-  Hm, si tu le dis. Qu'est ce que "Samuel" ? Et comment l'idée de "Samuel's end" est née ?

S.L. - Samuel est, comme n'importe quel personnage, une combinaison de multiples personnalités. Le film explore l'idée de transformation ou de renaissance. En fait, ce n'est pas un film triste, c'est plutôt comprendre comment on peut atteindre une certaine étape dans sa vie où l'on a besoin de faire un réel changement. C'est un concept que j'ai envie de développer encore plus à l'avenir. L'idée est venue quand je vivais à Sydney, j'avais passé beaucoup de temps tout seul - peut-être trop ! - et je souhaitais créer quelque chose de très intérieur et méditatif, avec pour décor le magnifique littoral Australien.

P.- Je comprends. Est-ce que Samuel est comme toi ? Tu as déjà ressenti ses sentiments ?

S.L. - C'est un personnage que j'ai développé, donc il est bien sûr proche de moi.  Je ne dirais pas que je me suis senti complètement comme lui, mais je suis dans une phase de développement et de changement constant, toujours à la recherche des moyens de m'améliorer, donc j'imagine que c'est un point commun que l'on a.

P.- Combien de temps a duré la réalisation du film ?

S.L. - A peu près deux mois de pré-production, incluant l'écriture scénaristique, le casting, le repérage des lieux et quelques rendez-vous avec Adrian, l'acteur. La plupart des scènes ont été tournées en un jour, avec quelques ajouts de scènes de paysages tournées séparément. Le montage et les effets spéciaux ont duré encore quelques mois, parce que j'avais d'autres projets commerciaux en même temps. Shervin, le sound-designer et compositeur a réalisé une très belle ambiance, elle capture réellement les émotions de la scène.

P. Ton autre court métrage, Atoms for Peace, est une sorte d'oeuvre pluri-artistique. Comment gères-tu le fait de travailler avec plusieurs artistes ?

S.L. - D'habitude, j'aime bien l'idée de tout faire moi même, mais mes projets prennent de plus en plus d'envergure, et cela devient vraiment nécéssaire de collaborer avec d'autres personnes. Je me mets à vraiment apprécier le truc, et j'adore ne pas seulement échanger des idées avec les autres, mais aussi leur faire confiance sur la gestion de certains aspects du projet, m'autorisant à voir le projet comme un tout.

P.- Es-tu satisfait de la scène artistique à Vancouver ? Qu'est ce qui pourrait être améliorer ?

S.L. - C'est une petite ville, qui peut être un peu conservatrice, mais la communauté du design et des arts à l'air de se développer vraiment bien. Et puis j'ai rencontré des personnes plutôt geniales et pleines de talent.

P.- Comme on l'a dit précédemment, tu as beaucoup de différentes compétences. Quelles influences les nourrissent ?

S.L. - Je ne peux pas vraiment pointer des influences précises, elles viennent de nombreuses sources. La plupart du temps, mes idées viennent quand je fais des tâches quotidiennes, comme prendre ma douche, cuisiner, etc.. Ma culture se trouve dans le design, mon futur dans les films, les deux sont tellement connectés pour moi que s'en est devenu une progression très logique.

P.- Tu as quelques projets indépendants qui arrivent ?

S.L. - Je suis en train de bosser sur quelques vidéo clips en ce moment. Je développe aussi un gros projet de film & photographie, je souhaite explorer un thème comme Samuel's End, mais en poussant le concept plus loin, ce n'est que le tout début.

P. - Et t'étendre à d'autre pays ?

S.L. - Ouais, j'aimerais bien travailler à travers le monde, toutes les offres sont plus que bienvenues !

P. - Un morceau que l'on devrait écouter avant de venir à Vancouver ?

S.L. - N'importe quel morceau de Caribou

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