The Life Cycle of a Good Idea – Stephen Reedy

The Life Cycle of a Good Idea – Stephen Reedy

À l’origine Alice avait prévu d’exposer ” The Winter Stalker”, un film que l’artiste américain avait réalisé deux ans auparavant. Mais en parlant avec lui, il lui a conseillé de jeter un coup d’oeil sur son dernier court métrage ” The Life Circle of a Good Idea”, qu’elle a vite regardé et qui l’a tout de suite emballé. Étant face à une décision plus qu’impossible, Alice a décidé de régler ça en parlant des deux films. Point.

Le site sympa de Stephen Reedy est ici ! Plus d’infos sur lui dans la suite de l’article.

Stephen Reedy est un réalisateur américain indépendant, pleins d’idées et un peu taré. C’est pour ça qu’on l’aime bien. Et puis son dernier film est particulièrement réussi et terriblement drôle.


The Life Cycle of a Good Idea

The Winter Stalker

- Les Questions d’Alice -

Alice – Salut Stephen, comme tu le sais, on t’a d’abord découvert avec ton film The Winter Stalker, qui est assez dérangé et plein d’humour. Est-ce que le Père Noël t’as oublié quand tu étais gamin ?

Stephen Reedy - J’étais en train d’écrire un autre projet sur un Starbucks qui serait une sorte de clinique de méthadone pour les SDF de Los Angeles. Un groupe d’addicts en voie de guérison viendraient pour prendre leur dose de Caramel Mochas,  et ils finissent par faire peur à tout le monde. Un d’eux ressemblerait au Père Noël. C’est là que j’ai réalisé que le Père Noël peut être carrément flippant. C’est bizarre la manière dont marche l’inspiration.

La réalisation était assez amusante, une vraie dissection et analyse de ce gars. C’est un vieux mec obèse qui étudie obsessivement les actions et les lieux de vie des enfants, entre par effraction chez les gens, mange leur bouffe, et laisse une babiole derrière lui. Hm… flippant ! Ne me laisse même pas imaginer la Petite Souris.

A.- Ce truc des poupées, ça marche dans tout film d’horreur, c’est toujours effrayant.  Quel est l’élément indispensable à ne pas oublier quand on réalise un thriller ?

S.R.- Bon, les éléments peuvent changer en fonction de l’histoire, mais en général il faut s’interroger sur la psychologie de l’audience. Ainsi, ” comprendront-ils “telle” idée, ou ressentiront “telle” émotion, avec “telle” image à l’écran, montrée de “telle” manière avec “telle” durée ?”. Quel mouvement de caméra/lumière/effet sonore/couleur/contexte est à la fois intéressant et communicatif pour qu’ils apprécient d’eux-même la scène ? Il y a plein d’outils différents, et heureusement j’ai une bonne équipe technique qui sait comment pousser le public au plus loin. Artistiquement parlant, sur ces deux courts, j’ai l’équipe de rêve : Chris Saul à la lumière, Rich Arenas au Sound design, et Melissa Pizzamiglio au maquillage.

A.- Okay, revenons à ton film The Life Cycle of a Good Idea. Dis m’en un peu plus là-dessus.

rockyS.R.- The Life Cycle of a Good Idea résume le combat de toute personne créative en une minute de folie. La société refuse en générale l’innovation, et surtout ceux qui la défendent, et protestent contre le ” ce qui est typique et sécuritaire”. Le résultat, c’est que les nouvelles idées, qui sont toujours risquées puisque non approuvées, sont souvent ostracisées par le manque de confiance en soi, la responsabilité, la raison, l’intelligence, la famille, les amis, la logistique, les circonstances, la finance, etc.  Mais, avec persistance, cette bonne idée peut éventuellement être comprise et utile générations futures.

Au final c’est l’histoire typique du perdant, du héros qui croit en sont but, se bat pour lui, et l’atteint éventuellement. C’est l’histoire de Rocky, l’histoire du Féminisme, l’histoire à venir des droits pour les gays, etc. En fait c’est aussi une directe adaptation de la crucifixion de Jésus : sa bonne idée d’ ” être un gentil mec avec tout le monde ” lui a valu de se faire tuer. On a eu envie de faire ça d’une manière un peu moins sérieuse, d’où la musique débile et la présentation un peu “cartoon”.

A.- Ah oui, tout ça. Je me suis toujours demandé comment l’actrice avait supporté le tournage ?  J’imagine que même si la plupart des choses sont fausses, ça doit quand même être éprouvant de jouer une femme qui passe une minute à se faire détruire de tous les côtés.

S.R.- C’est toujours dur de jouer ! Tant physiquement qu’émotionnellement.  Les acteurs doivent faire face à tant de refus (et de difficultés financières) des milliers de castings qu’ils passent, pour obtenir un seul rôle !  Pouvoir jouer est la partie amusante de l’histoire. Comme n’importe quel artiste qui finit par être payé pour s’exprimer, le combat se fait ici, pendant le jeu.
Notre actrice Nicole Boyd s’est éclatée. On n’auditionne que des personnes généreuses mais solides, afin de se laisser une marge pour un environnement fertile de créativité. Bien sûr, comme le film le montre, c’était assez dur…et elle a dû resté là pendant trois jours complets, couverte de faux sang, en faisant semblant d’être blessée, ce qui est un challenge pour n’importe qui.
Mais notre équipe est vraiment soudée, et nous pensons toujours à garder notre “humanité” en tête. Les faux coups, donnés autant par des hommes que des femmes (pour l’égalité symbolique) ne se sont jamais transformés en vraies blessures. Comme n’importe quel boulot, c’est crevant, mais aussi vraiment ridicule et marrant. Le film était dur pour tout le monde en général, mais comme c’est le cas pour tous les arts… construire une maison, écrire un livre, donner naissance… La création, ça fait mal !
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A.- Quel est ton prochain projet ?

S.R.- À part des choses dont je ne peux pas encore parler, nous sommes en train de réaliser un clip pour le morceau de Dredg ” The Though of Losing You”, et je sortirais très prochainement une série détaillée de making-of des mes projets récents en ligne. On est aussi en train de sortir un super DV de 20 courts-métrages appelé ” Zerofriends Films Vol1.” Tout ça le mois prochain !
A.- Quel est le prochain film que l’on doit définitivement aller voir ?

ratatouille

S.R.- Je suis vraiment excité de voir Mission Impossible 4 en IMAX. Je pense que Brad Bird, le réalisateur, est un génie qui comprend comment équilibrer le scénario et le style d’une manière unique, qui est innovante et accessible à tous. Il a fait Ratatouille, dont le message était inspirant pour mon film, et pour tous les mecs qui ont lutté pour pratiquer leur art…Un rat qui travaille comme un dingue pour devenir un brillant chef, tout ça sous le slogan du film

“Food always comes to those who love to eat.”

 

1 Comment

  1. Emmanuel

    Ce qui est étrange. Je n’aime pas les femmes se battre ou craignant pour petite fille. Bad Bad