Après avoir shooté en secret les animaux empaillés du Muséum d’Histoire Naturelle de New-York, l’artiste neo-zélandais Carlo Van de Roer a passé la plupart de son temps à insérer des petits cercles de lumières colorées dans des paysages brumeux. La parfaite combinaison d’une photo traditionnelle et de techniques scientifiques. On a voulu lui poser quelques questions.
Ses autres travaux et son actualité se retrouvent sur son site !
-Les Questions de Picturalis-
Picturalis - Ton travail est riche, complexe et varié. Quand tu t'attaques à un projet, as-tu déjà les compétences techniques pour le réaliser ? Ou l'apprentissage fait partie de la création ?
Carlo Van de Roer - Le travail que j'aime créer fait en effet partie d'un processus de découverte, tout en essayant de comprendre les différents aspects de l'image et du procédé photographique. Il y a un point de départ, un désir d'explorer les choses, et souvent le travail et la technique s'entremèlent au fur et à mesure.
P.- J'ai lu quelque part que pour la série Blinded By the Lights, tu as shooté en secret les animaux empaillés du Musée d'Histoire Naturelle de New York. C'était quoi le plan ?
C.V.d.R.- Oui, ce sont des photos de dioramas du Musée de New York. Je dois avouer que c'était un de mes endroits préférés quand j'ai emménagé à New York la première fois, donc j'y ai passé pas mal de temps. Les surveillants sont assez tolérants pour laisser les gens prendre des photos avec des petits numériques, mais shooter des grands formats, avoir une retour lumière correct pour le flash,etc., tout cela demande un peu plus d'équipement. J'allais au musée quand c'était très calme - ce qui est toujours le meilleur moment dans tous les cas - et je travaillais aussi vite que possible quand il n'y avait personne autour.
P.- Les Underwater tests ont sans aucun doute un aspect très pictural. Comment as-tu travaillé dessus ?
C.V.d.R.- Ces clichés étaient des premiers tests pour un projet personnel, les photos étaient prises sous l'eau, puis re-photographiées une fois encore sous l'eau.
P.- Intéressant comme processus. Tout comme le minimalisme de ta série Orbs (Sphères). As-tu été influencé par d'autres travaux ?
C.V.d.R.- Je me suis intéressé à la série Orbs alors que je faisais déjà des recherches pour un autre projet. Si tu tapes ce mot sur Google, "Orbs", tu trouveras de nombreuses images de rétrodiffusion, souvent causée par le flash de l'appareil qui rencontre de l'humidité ou de la poussière.
Et puis il y a tous ces groupes de gens qui interprètent ces images retrodiffusées comme des photographies mystiques - on trouve des conférences sur les sphères, des chasses publiques de la sphère, des détecteurs de sphères, etc. Je suis devenu passionné par ces gens et ces images qu'ils créaient, c'était mon point de départ. C'est ensuite la difficulté qui a créé mon projet : le désir d'illustrer une relation entre les personnes sur l'image et ces fameuses sphères, au sein d'environnements très humides, donc à visibilité assez réduite.
P.- J'ai vu que tu travaillais aussi avec l'Agence Patrick Casey. C'est eux qui produisent ton boulot ?
C.V.d.R.- Pas complètement, l'agence et moi travaillons sur des commandes et des projets commerciaux uniquement.












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